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Depuis 2002, le ministère de l'Intérieur publie chaque mois des statistiques sur l'évolution de la délinquance, au centième de pourcentage près. En janvier 2007, Nicolas Sarkozy se félicitait des résultats : « Alors que la délinquance avait augmenté de 17,8% entre 1997 et 2002, elle a baissé de 9,4% depuis 200217. » Ces statistiques, qui se basent sur les plaintes déclarées par les services de police et de gendarmerie, sont contestées. Les principales critiques portent sur :
La méthodologie : de nombreuses atteintes aux biens et à la personne ne sont pas déclarées par les victimes (peur de la police ou des représailles, sentiment de perte de temps si les assurances ne remboursent rien, etc.). Cette réalité est mise en évidence par les enquêtes dites de « victimation », effectuées sur des échantillons de population. Selon une enquête de victimation effectuée par l'INSEE en 2006, la délinquance serait trois fois supérieure aux chiffres officiels17. Autre biais de la méthodologie officielle : « Une moins bonne implantation de la police dans une région peut paradoxalement faire baisser les "chiffres de la délinquance" en décourageant les individus à porter plainte. à l'inverse, à nombre égal de délits et à efficacité égale des services de police, ces "chiffres de la délinquance" augmenteraient si on augmente les effectifs de police sur le terrain17. »
Les manipulations : Selon Le Nouvel Observateur, une enquête interne des services de police et de gendarmerie effectuée en 2005, non publiée par le ministère de l'Intérieur, alerte sur les manipulations de chiffres18. Depuis 2002, Nicolas Sarkozy exerce une forte pression sur les statistiques de la délinquance : convocation des préfets n'obtenant pas des bons résultats, instauration de primes à l'efficacité au sein des services de police, etc. Cette pression aurait des effets pervers : pour faire baisser les statistiques, les services de police auraient tendance à inscrire des plaintes dans la ''main-courante'' (registres tenus dans les commissariats pour relater les incidents mineurs ne faisant pas l'objet de poursuites pénales), à truquer les chiffres, ou encore à déclarer des infractions faciles à élucider pour améliorer le taux d'efficacité.
Pour toutes ces raisons, il convient d'être sceptique concernant les chiffres officiels de la délinquance. Notons que les statistiques officielles du chômage sont également contestées. Selon l'actuel gouvernement, le chômage est passé de 10% à 8% de la population active entre février 2005 et juillet 200719. En prenant en compte des catégories de population non comptabilisées dans les statistiques officielles (par exemple, celles-ci ne prennent pas en compte 50% des personnes inscrites à l'ANPE), le collectif Les autres chiffres du chômage20. Les radiations administratives de l'ANPE auraient notamment triplé depuis 1999, et le nombre de personnes vivant avec le RMI augmenté de plus de 20% depuis 200221. (http://acdc2007.free.fr) évalue plutôt à 4,4 millions de personnes le nombre tôtal de chômeurs et chômeuses, soit plus de 15% de la population active
Pour une critique plus détaillée des statistiques officielles et de la notion de ''délinquance'', lire Portelli Serge, Ruptures, 2007,
www.betapolitique.fr ; Sur l'art de manipuler les statistiques, lire Baillargeon Normand, Petit cours d'autodéfense intellectuelle, Lux, 2006.
Source :Les renseignements généreux
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